ENTRETIEN AVEC ISABELLE NUFFER,
CRÉATRICE DE CORLIANDE
CRÉATRICE DE CORLIANDE
"La vision est l'art de voir les choses invisibles." a écrit Jonathan Swift, auteur des célèbres Voyages de Gulliver, (mais aussi du Conte du tonneau, de Instructions aux domestiques, de La Mécanique de l'esprit ou de l'implacable Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres dʼêtre à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public). Souvent classé plume de littérature "merveilleuse", Swift a été un des plus vifs observateurs de la nature humaine et l'un des plus avancés "photographes" de son époque. D'autres auteurs classés "merveilleux" - on citera Lewis Carroll bien sûr - ont su avec une perspicacité que l'on pensait être l'apanage des chats, nous transmettre une certaine quête du plus fort de nous-mêmes et la mise en perspective, jusqu'à l'insupportable, de notre pire souvent tristement risible. C'est le cas aussi d'Isabelle Nuffer, leur cousine moderne, qui, par son impressionnant premier ouvrage intitulé Corliande (livre premier), ne quitte le monde du réel que pour y revenir par cette autre porte à l'œilleton bourgeonnant où l'on en voit mieux le bout (s'il existe), où on l'habite en délié par le saisir en plein. Le voyage de ses deux jeunes héros, Baltos et Serylia, natifs de l'état de Corliande nous entraîne loin. On ne dévoilera rien ici, si ce n'est qu'il est aussi fort question d'une infernale cité du mensonge. Les descriptions sont stupéfiantes et ce livre fait mieux que se placer au premier rang d'un genre aujourd'hui débité par trop de faibles onirismes et de naïvetés inoffensives, il touche le couloir du rêve, ce conduit qui mène à la meilleure découverte de nos propres recherches. Corliande est publié à compte d'auteur et disponible seulement par correspondance sur le site Lulu. Nous avons rencontré cette écrivain (et illustratrice) inattendue.