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16 mai 2021

Le repas de l'écureuil

    La voici enfin, la vidéo que vous attendiez tous ! Le repas de l’écureuil est un montage de séquences avec pour acteurs vedettes les petits visiteurs de mon cerisier. La qualité des films laisse à désirer, surtout les gros plans, car pris avec un appareil photo compact tout simple, à travers une vitre et, bien sûr, à distance. Naturellement, cela ne vous surprendra pas, les scènes les plus drôles et les plus touchantes n’ont pas été immortalisées. J’ai vu, par exemple, l’un d’eux prendre une noisette, descendre de l’arbre et, en trois bonds, aller l’enterrer un peu plus loin dans le jardin, puis recommencer. J’ai vu aussi une femelle allaitante (l’une de ses tétines était très visible) faire le ménage dans la mangeoire et jeter cacahuètes entières (pas à son goût visiblement) par-dessus bord, avec les coquilles de noisettes vides. Auparavant j’avais vu l’un d’eux (toujours la femelle, sans doute) arracher des lanières d’écorce des branches mortes d’un buisson, les rouler en boules, les malaxer à toute vitesse avec ses petites pattes et les emporter je ne sais où pour faire son nid. Souvent, un peu agacés par le couvercle qui retombe sans cesse, ils s’efforcent de le soulever le plus haut possible, en insistant plusieurs fois, espérant ainsi le laisser ouvert (on voit juste un bref aperçu de ce comportement vers 0:28). Et je ne compte pas les courses poursuites à travers les branches ou autour du tronc, car ils sont parfois deux, voire trois. Tout cela se produit évidemment alors que l’appareil n’est pas prêt. Bref, ces petites créatures n’en finissent pas de m’attendrir. Pour la bande son, j’ai préféré ne rien mettre. Je refuse les musiques au mètre proposées par les plateformes, et je ne voudrais pas enfreindre la loi si j’utilise un thème qui me plaît (manquerait plus que je doive payer des droits, déjà qu’ils me coûtent cher en noisettes !).

 

14 novembre 2014

Rémi Fraisse et la "violence sacrificielle"


 

    Un matin comme un autre sur France Inter. Augustin Trapenard commence son émission par son petit édito quotidien. Aujourd’hui, il évoque le décès de Rémi Fraisse, et invoque René Girard, anthropologue, auteur de « La violence et le sacré ». Selon le journaliste, ce mort anonyme, cet innocent « sans grand engagement » (Pourquoi sans grand engagement ? Parce qu’il était pacifiste ?) n’aurait été qu’un témoin transformé en « martyr et en saint ». Passons sur l’emploi de ce langage religieux n’ayant d’autre but, conscient ou pas, que de réduire la révolte suscitée par ce drame à des lamentations de fidèles plus ou moins arriérés. En fait, il va beaucoup plus loin. S’appuyant sur les travaux du chercheur cité plus haut, il voit en ce jeune homme une victime sacrificielle, le bouc émissaire nécessaire à toute société, détournant sa violence vers un seul individu, lequel servira ainsi à ramener la paix autour de son cadavre. Dès lors, comme il le dit lui-même, « Est-ce bien important de savoir qui a lancé la grenade ? Ne vaut-il pas mieux assumer notre violence archétypale et sacrificielle ? » Il termine en ajoutant que « C’est bien plus dérangeant, mais au moins, qu’on aille de l’avant ! »
 
Zone humide du Testet
       Mais pour qui est-ce dérangeant ? Pour nous tous, bien sûr. Nous qui sommes si violents, sans le savoir et apparemment sans « l’assumer ». Ce n’est certainement pas dérangeant pour les autorités, lesquelles se voient tout à coup dédouanées par ces considérations « savantes » et se voulant au-dessus de la mêlée. Car il s’agit bien ici de violence d’État. L’oublier purement et simplement, la confondre avec celle, pulsionnelle, que tout individu porte en lui, est une supercherie. Lui attribuer un sens mythique est un moyen particulièrement insidieux, parce que se réclamant d’une pensée dite intelligente, de le décharger de toute responsabilité. Quant à « aller de l’avant » ! Belle avancée en effet que de nous ramener sans cesse à notre passé religieux, et à ce qu’il y a de plus primitif en nous pour nous éviter de réfléchir à ce que doit être toute organisation sociale, notamment pour ce qui touche à l’insurrection et à la répression qui y répond. 

      Mais son invité, l’écrivain Aurélien Bellanger, récemment couronné par le prix de Flore, n’a pas démérité. Interrogé sur cet évènement, en relation avec le sujet de son livre « L’aménagement du territoire », il nous a livré une analyse extraordinaire. Tout d’abord il s’est dit étonné que le drame ait eu lieu à cet endroit, et non à « Notre-Dame-des-Landes ». Car il ne s’agit, au Testet, que de petits travaux pour un barrage, « même pas pour fournir de l’électricité ! » (On sait la peur irrationnelle que celle-ci a pu provoquer et provoque encore probablement chez certains). Rien de tel ici, sinon « la prise en compte d’enjeux de défense d’espèces complètement inconnues, de batraciens... On n’est pas face à un énorme chantier terrifiant, avec plein de grues et des hectolitres de béton ! » Ce simple énoncé contient une telle méconnaissance de l’importance de la biodiversité, et un tel mépris pour ceux qui la protègent qu’il laisse pantois. Si l’on peut supposer que ces espèces ne sont pas totalement inconnues pour ceux qui les étudient, qu’elles le soient pour lui ne fait aucun doute. Passons, là aussi, sur son manque d’intérêt pour elles, comme pour ces batraciens qui ne valent sans doute pas que l’on s’y attarde. Mais parler d’un « chantier terrifiant avec plein de grues » en dit long quant au regard qu’il porte sur les zadistes, soupçonnés d’être de pauvres passéistes superstitieux, en proie à des frayeurs enfantines. « Ces nouveaux, euh… ces mouvements décroissants qui ont quelque chose un peu très premiers chrétiens dans le fanatisme et dans l’intransigeance morale, dans l’approche morale de refus de la technique, mais qui dit que la technique est mauvaise intrinsèquement. »… Tout est dit en effet. On pourrait bien sûr lui rétorquer qu’il y a toutes sortes de techniques et que les plus avancées d’entre elles ne sont pas forcément celles que l’on croit. Mais ne soyons pas trop sévère. Peut-être tente-t-il finalement de se rattraper en refusant de prendre réellement parti, parce qu’il est fasciné par ce progrès tant décrié et a « peur de sa propre bêtise ». Et laissons-lui donc la paternité de cette conclusion.

 

4 octobre 2014

Green, un film admirable et terrible de Patrick Rouxel



       En cette journée mondiale des animaux, voir un film tel que « Green » de Patrick Rouxel, est bien plus explicite que tout ce que j’en pourrais écrire. Cette suite d’images au montage remarquable, sans aucun texte, en dit long sur le sort que l’humain dans son ensemble réserve à ceux dont il se croit propriétaire, comme il se croit propriétaire de tout ce qui l’entoure. En fait il dit tout : La destruction de la nature et la condamnation à mort des espèces qui s’y meuvent, l’avidité d’une poignée d’entre nous, et la complicité, active ou passive, réfléchie ou inconsciente, de l’écrasante majorité, le tout légèrement tempéré par le dévouement réel mais souvent désespéré de certains. Tout est dans le regard de Green, femelle orang-outang victime de la déforestation et qu’une équipe de sauveteurs tente vainement de maintenir en vie. Dans ses yeux voilés passent les images du bonheur perdu, de la jungle de Bornéo avant le saccage, puis celles de ce saccage, du commerce qui est fait du bois exotique et de l’huile de palme, de notre consumérisme égoïsme ou juste machinal et du désert qui s’ensuit. 
         Bien sûr, nul ne peut dire à quoi pense Green, allongée comme un enfant martyr sur son lit d’hôpital. L’association de toutes ces images entrecoupées et de celles qui nous la montrent agonisante provoque une émotion que d’aucuns qualifieraient sans doute d’anthropomorphique. Mais comment ne pas être ému aux larmes par ce regard qui semble tout voir et tout comprendre ? Comment ne pas se sentir accusé, responsable sinon coupable individuellement de l’aberrante détermination de notre espèce à dévaster dans l’irrespect et l’indifférence. Comment ne pas croire qu’elle sait ? De même, nous ne connaitrons pas la cause clinique de sa mort mais qu’importe, elle semble inévitable. Impossible d’imaginer qu’elle n’ait pas simplement refusé de lutter, tant l’inutilité d’une vie solitaire et privée de tout la rend triste à mourir, indifférente à ce qu’elle peut voir autour d’elle. 
       Le film s’ouvre sur son transport chaotique dans un sac de voyage après sa découverte, auquel succède la beauté d’un décor naturel ou volent de grands oiseaux. Les dernières images, après celles du sac poubelle emportant Green vers l’oubli, nous montrent un grand oiseau aux ailes étrangement statiques sur fond de chantiers et de constructions bordant un terrain vague… un cerf volant tenu par un jeune homme, comme une tentative dérisoire et tellement humaine de redonner vie, une vie artificielle ou au mieux artistique, à ce qu’il assassine.

 

28 décembre 2011

Environnement


Blog zéro carbone

L’écologie, pour moi, est déjà une longue histoire. Mes parents m’y avaient initiée dès mon plus jeune âge. Mais si je n’ai pas attendu que le sujet devienne à la mode, et si je regrette certains effets d’annonces peu suivis de faits concrets, je me réjouis d’assister à une prise de conscience qui tend à se généraliser et qui, je l’espère,en s’installant dans la durée, aura quelques conséquences heureuses. Pour ma part, étant végétarienne, et n’utilisant que les transports en commun lorsque c’est possible, je ne fais pas partie des plus grands pollueurs de la planète. Cependant, je reste très préoccupée par les questions environnementales et m’efforce de réduire au maximum ma consommation d’énergie. Découvrant pas hasard l’existence de l’initiative blog zéro carbone, j’ai tenu à participer parce que le mien, comme tous les autres, émet du CO2, et que l’idée de compenser cette émission par le reboisement ne peut que séduire l’amoureuse de la nature et tout particulièrement de la forêt que je suis. Planter un arbre est un acte symboliquement et matériellement magique.

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