Corliande

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11 juin 2026

Bientôt sur vos écrans... (Non !)

    Voici un projet d'affiche pour mon dessin animé imaginaire. S'il n'existe que dans ma tête, rien ne m'interdit d'en faire la publicité. L'image est à mon sens un bon résumé de l'histoire. Iris est sur son trône, mais dans ce rôle de souveraine qu'elle se refuse à incarner. En témoignent le sceptre sur son socle, et surtout, la couronne au premier plan, posée sur une console tel un simple élément du décor. Quant à la fée, elle ne songe qu'à ses ailes absentes. Et lorsqu'un bas relief se dessine sur le mur, les dessinant, immenses, déployées derrière elle, elle seule ne les voit pas. 
Il ne me reste plus qu'à faire le film ! 
 

 

17 décembre 2024

Zéphyr... à la maison

Voilà ! Zéphyr est (enfin) à la maison, et semble s'y sentir bien. Merci à Sophie Lopez pour ce merveilleux travail, et merci à Didier Pled pour la photo.
Leurs liens à visiter sans modération :
 
 

 

19 octobre 2024

Sérylia, selon Johan et...


« Cette image a été générée par une IA ».

Un jour proche peut-être, cette précision qu’il convient d’ajouter le sera plutôt dans le cas contraire, tant l’« avancée technologique » ainsi désignée tend à s’imposer dans l’espace public. Je ne vous surprendrai pas en soulignant qu’il m’est difficile de la défendre, son utilisation étant déjà aussi abusive que peu scrupuleuse, voire même frauduleuse. « L’IA, ce n’est pas de l’art, c’est du vol ! » disent à juste titre bien des dessinateurs. Je les admire et les respecte trop pour leur donner tort, même si je sais qu’ils auront du mal à faire reculer ce que « le marché » considère déjà comme un avenir prometteur, notamment dans le domaine de l’illustration. L’histoire n’est pas nouvelle. Pourquoi payer des humains quand une machine fait aussi bien, voire mieux, du moins de leur point de vue, au demeurant fort discutable ? Seulement voilà, à ce stade, l’IA ne crée rien, elle ne fait que copier, plus ou moins fidèlement. Pour obtenir l’image souhaitée, il faut lui fournir des modèles (autrement dit, des prompts) et des instructions détaillées. Le comble de la malhonnêteté est donc de présenter (et de vendre) comme une œuvre personnelle, le résultat d’un simple calcul à partir du travail réel d’un artiste, souvent très peu éloigné de l’original. J’ai vu de ce type d’escroquerie des exemples flagrants. On peut cependant considérer qu’il s’agit d’une amélioration, à condition de juger comme telle une perfection froide, un lissé sans défaut, ce qui est loin d’être vrai à mon sens. Quoi qu’il en soit, l’IA existe. Il va falloir faire avec, et résister le mieux possible à sa tyrannie.

 


Fort de ce raisonnement, avec les doutes qu’il implique, et afin de mieux comprendre son fonctionnement, mon frère Johan a fait des essais en utilisant des outils Open source. Il a de la sorte demandé et acquis des images illustrant Alice au pays des merveilles à la manière de Mœbius. Je ne vous les montrerai évidemment pas, d’autant moins que je ne les ai pas vues, quoique cela m’intrigue fortement. En revanche, celle que vous voyez ici est une nouvelle version d’un de mes personnages. Il s’agit de Sérylia, héroïne de ma trilogie Corliande. Pour l’obtenir, il a utilisé certains de mes dessins, ainsi que la toute première illustration créée par mon amie Sophie Lopez, auxquelles il a adjoint des mots clefs tels que plumes, adolescente, mauve et forêt, entre autres. Il lui a fallu des heures de patience et plus d’une centaine d’images, avec parfois des résultats des plus farfelus, pour arriver à celle-ci. Encore a-t-il dû la retoucher par la suite, ce qui donne au final un tableau composite, mélangeant le travail de trois personnes ajouté au logiciel.

Ignorant tout de son activité, j’ai reçu ce portrait par mail, sans savoir au préalable de quoi il s’agissait, à part que c’était de l’IA. Contre toute attente, et nonobstant mes propos du début, j’ai été très émue en le découvrant. Est-ce parce que l’auteur était mon frère ? Et le sujet, l’une de mes créatures ? Je ne saurais dire. Mais je l’ai trouvé très beau. Outre les couleurs et la composition, j’ai été frappée par le relief, la façon dont elle semble venir vers nous, et le côté volontairement imparfait de sa réalisation, notamment pour le décor. La semaine dernière, je vous présentais Zéphyr, ayant pris forme et volume sous les doigts de Sophie. Aujourd’hui, c’est donc Sérylia qui apparaît, dotée d’un nouveau visage, ce qui, cette fois encore, ne me gêne nullement, bien au contraire. Et cela a suscité en moi une réflexion amusée : n’est-ce pas étonnant que ce personnage dont si peu connaissent l’existence, et moins encore ont lu les aventures, ait déjà fait l’objet de trois représentations ? Une autre pensée m’est venue, un peu moins drôle. Si toutes étaient proposées à l’appréciation d’un large public, j’ai bien peur qu’une grande proportion, au moins parmi les plus jeunes, ferait sans hésiter le choix de cette dernière. Et vous, qu’en pensez-vous ?

7 octobre 2024

Zéphyr selon Sophie

        Il y a des jours on l’on se sent déprimé, pour différentes raisons, où tout semble aller de travers. On se dit dès le matin que la journée sera mauvaise, ou tout au moins morose. Et puis… et puis on reçoit un mail de la sculptrice et peintre Sophie Lopez, l’amie de toujours. En soi, c’est déjà une excellente nouvelle. Tout d’abord sa missive m’intrigue. Elle me dit en effet avoir découvert un drôle de personnage, apparu tout à coup dans son atelier. Un être bizarre mais fort sympathique, dont la mémoire est défaillante et qui se serait probablement trompé de chemin. Il serait en fait à la recherche d’une certaine Isabelle... Ce personnage se nomme Zéphyr, et je vous laisse imaginer ma joie à la vue des deux photographies jointes au message, le montrant dans toute son élégance et sa singularité. Il s’agit bien sûr de l’un des héros de mon dessin animé imaginaire. Je savais qu’à la lecture du scénario, elle avait un peu craqué sur ce drôle d’insecte, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il lui inspire une œuvre si belle, et si touchante pour moi. C’est une statue en stuc, qu’il me tarde de voir trôner dans ma maison. La difficulté de la tâche l’a contrainte à le modifier légèrement. Son talent et sa personnalité faisant le reste, voici donc sa propre version de Zéphyr, et il n’en a que plus de valeur à mes yeux. Merci !… De tout cœur, merci Sophie !

 

 


 


11 janvier 2022

Anna Cazan, peintures et dessins

La monographie consacrée à Anna Cazan est à présent disponible sur Lulu.com !

Pour commander, c'est ici

 



 

28 décembre 2021

Jac Graal

      

     Hommage à Jac Graal, l’amie de toujours, qui nous a quittés ce matin. Compagne de galères d’Anna Cazan à ses débuts, et comme elle, artiste sans concession, elle mit tout en œuvre pour vivre de sa peinture, chose particulièrement difficile quand on veut conserver sa liberté et son intégrité. C’était une personne charmante, quoique tourmentée, en perpétuelle recherche d’absolu et de sérénité. Elle laisse une œuvre considérable, huiles, aquarelles, gravures, calligraphies (mais aussi poésies), dont voici un très modeste échantillon











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8 décembre 2021

Petit extrait du livre Anna Cazan

    "Enfant, je me souviens de ma mère peignant, tous les jours, quoi qu’il arrive, plusieurs heures par jour. Nous vivions alors dans ce petit appartement d’Orly (quartier des saules) où nous avions trois pièces. Mes parents dormaient dans le séjour, ma sœur et moi partagions une chambre et l’autre servait d’atelier. Pas seulement pour la peinture. Mon père y sculptait les têtes et les mains de ses marionnettes à gaines dans du bois de tilleul. Ma mère participait en créant les costumes. Quelques représentations de Guignol furent données au parc municipal. Tout, dans ce théâtre mobile, depuis le castelet jusqu’aux rampes d’éclairage, en passant bien sûr par les décors, avait été fabriqué là, avec du matériel de récupération, telles des boîtes de conserve pour les spot-lights. Cette activité n’était guère adaptée à ma mère qui, en raison d’un cœur fragile, supportait mal la position des bras, levés à la verticale, et qui surtout voulait peindre, et seulement peindre. Cette pièce consacrée aux arts était quoi qu’il en soit un creuset d’imaginaire et d’inventivité, un lieu magique pour une petite fille timide, un peu effrayée par le monde extérieur, représenté entre autre par une barre HLM de douze étages avec pour seul terrain de jeu, un parking." 

 

 
Photo : Anna Cazan lors d'une de ses expositions (en 1967 ?). A gauche, on peut voir sa grande amie Jac Graal, peintre également.

29 novembre 2021

Bientôt disponible

Les éditions L'Aigue-Marine sont heureuses de vous présenter, en avant première, la couverture de leur prochaine publication : une monographie du peintre Anna Cazan !

 


3 septembre 2020

22 mai 2020

Sophie Lopez, nouveau site




      Mon amie Sophie Lopez, sculptrice et peintre, a un nouveau site internet. Marbres, objets, peintures sur toile ou murales, encres, trompe-l’œil, sa palette est large. N'hésitez pas à le visiter ici. Vous découvrirez un talent rare, au service d'un univers unique et riche. 
       Voici un petit aperçu de son travail :







14 janvier 2014

Le site Patreon de Jack Conte


Dans cet enfer ultra-libéral qui est notre lot, avec sa course aux profits pour une poignée particulièrement vorace, et sa course aux restrictions et sa politique du moindre coût pour tous les autres, l’art n’est évidemment pas à la fête. Mis à part un petit nombre, là encore, qui trouve son salut dans la popularité ou l’entregent, relativement peu d’artistes parviennent à vivre correctement de leur travail. Par artiste, j’entends quelqu’un qui ne vise pas l’enrichissement à outrance, mais simplement la possibilité d’exercer son art librement, sans trop se soucier du lendemain, l’idéal étant de ne vivre, même très simplement, que de cela. 
Si l’on veut échapper à ces deux alternatives déprimantes que sont l’économie de marché ou les diktats institutionnels, ce qui dans les deux cas signifie que le plus petit nombre décide pour le plus grand de ce qui mérite d’être financé, actuellement, il y a ce que l’on appelle le crowdfunding ou, en français, la production communautaire. Des sites tels que Ulule ou Kisskissbankbank, ou encore My major company sont déjà très connus. Il s’agit de requérir la participation des internautes pour la réalisation d’un projet précis, artistique ou pas, film, disque, association humanitaire, agriculture bio, atelier culinaire, et j’en passe.   

       Ce type de production participative, pour employer un terme à la mode, est intéressant, quoiqu'à double tranchant. Car s’il permet de contourner le problème de fond, bien sûr, il ne le résout pas, un peu comme les dons caritatifs qui, d’une certaine manière, font perdurer un système basé sur l’injustice et l’inégalité. Si notre société était aussi solidaire qu’elle le prétend, aurions-nous besoin d’être sollicités ? Mais il pose aussi bien d’autres questions. Le fait de rencontrer un public, ou pas, ne prouve en rien la valeur réelle d’un travail artistique. Je ne parle pas de l'amateurisme qui, pris dans le vrai sens du terme, peut toujours se justifier par sa fraîcheur et sa sincérité. Naviguer sur internet permet de constater que pour être indépendants, beaucoup n’offrent pas quelque chose de foncièrement différent de ce qui inonde les médias classiques. Sans trop noircir le tableau, on y retrouve en abondance les mêmes clichés, la même approche, l’utilisation des mêmes thèmes, comme s’il s’agissait juste de s’engouffrer dans une brèche déjà ouverte par d’autres. En fait, ce support à priori plus libre exige des contraintes identiques de séduction et de matraquage, avec cette sempiternelle recherche de buzz. Nombre d’artistes supposés avoir été découverts sur internet, supposés, car là comme ailleurs la publicité est souvent mensongère, se révèlent décevants, sans réelle surprise. On notera aussi l’absence regrettable de travail éditorial ou de direction artistique, lesquels ont joué un rôle si considérable dans le cas d’œuvres majeures que l’on voit mal comment l’on pourrait s’en passer dans une large mesure. En outre, l'abondance provoque la confusion, de sorte qu'il est toujours très difficile de dénicher les perles rares dans  l'avalanche de petits cailloux, lesquels ont aussi, loin de moi l'idée de le nier, parfaitement le droit d'exister. Car ce qui fait aussi la force d'internet, à condition de l'utiliser à bon escient, c'est précisément la possibilité pour tout un chacun d'y revendiquer sa place.
Si donc elle permet à certains de se faire connaître, voire de se financer, alors qu’ils n’auraient certainement pas pu le faire autrement, il serait dommage de bouder cette généralisation d’une pratique, la souscription, déjà utilisée à maintes reprises dans le passé. Et puis ce qui est vrai pour un artiste isolé peut l’être aussi pour une petite maison d’édition, littéraire, musicale ou autre, qui proposerait précisément cette qualité éditoriale trop souvent manquante.


Dans le prolongement de cette idée, le musicien et vidéaste américain Jack Conte a élaboré le site Patreon. Il s’agit encore pour les internautes de soutenir un (ou des) artiste(s), mais pour l’ensemble de son (leur) travail, et non pour un projet en particulier. Supposons que vous appréciiez un dessinateur, par exemple, vous vous proposez de lui verser une somme, à partir d’un dollar (nous sommes aux USA), résiliable à tout moment, pour chaque œuvre produite. C'est donc une sorte d'abonnement. En contrepartie, vous bénéficiez de différents bonus définis par l’artiste selon le montant du don et mentionnés sur sa fiche de présentation. C’est bien entendu surtout par le nombre de « patrons », au sens anglo-saxon du terme, que le financement deviendra conséquent. À charge pour le patronné, donc, de communiquer suffisamment et d’être largement convainquant. Il est évident qu'il ne peut s'agir ici que de présenter des petits travaux. Un projet aussi ambitieux et coûteux qu'un long métrage, par exemple, nécessiterait des moyens autrement plus conséquents.
Bien sûr, le concept surprend au premier abord. Mais après tout, s’il doit y avoir une forme de mécénat pour que survive l'art, pourquoi pas celle-ci ? L'art ou autre chose, d'ailleurs, car si j'en ai bien compris le principe, l'entreprise de Jack Conte n'entend pas se limiter au domaine artistique. Je ne crois pas qu’il y ait d’équivalent français de ce site, ni même européen. En dehors du fait que l’on ne peut sans doute pas payer en euro (mais je n’ai pas vérifié) l’intérêt pour un écrivain français (exemple au hasard !) de publier ses textes sur un site américain est limité, même si je crois en avoir trouvé un parmi la foule d’artistes déjà inscrits sur Patreon. 

Qui est JackConte ? Un multi instrumentiste révélé… par internet. Dans son cas, c’est absolument vrai. Avec sa compagne et complice Nataly Dawn, au sein du duo Pomplamoose, il s’est fait connaître d’un large public en enregistrant et filmant nombre de reprises "faites à la maison", des plus anecdotiques aux plus bluffantes, ainsi que des compositions personnelles. Un principe était défini pour toutes ses vidéos musicales : "Ce que vous voyez est ce que vous entendez (pas de playback) ; ce que vous entendez, vous le voyez à un moment donné (pas de son caché)". Cette honnêteté, cette proximité avec son audience, la qualité de son travail et la passion qu'il y met, que l’on aime ou pas, lui ont valu une certaine popularité qui l’a aidé à se développer tout en restant indépendant. Pour vous faire une idée, écoutez et regardez les reprises de « Beat it » de Michael Jackson, ou de « My favorite things » de Richard Rogers, dans des genres différents, ou mieux encore le titre original « Hail Mary ». Tous deux ont également des activités séparées. J’avoue pour ma part avoir un petit faible pour Nataly Dawn et sa fausse nonchalance lorsqu’elle interprète « Superman’s song » des Crash Test Dummies ou cette belle version de « Diamonds and Gold » de Tom Waits avec « My terrible friend », son autre complice Lauren O’connell. Quant à son album solo plutôt réussi, produit sous le label Nonesuch mais financé là encore par une souscription internet, en voici la chanson titre, qui est aussi à mon avis la meilleure :
« How I knew her »
De, et par Nataly Dawn


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27 octobre 2013

l'Art contemporain selon Franck Lepage



Comme il est réjouissant, en plein salon de la FIAC, de découvrir cette vidéo ! Franck Lepage, en bon décrypteur de langue de bois, y déglingue joyeusement et impitoyablement l’Art contemporain, qualifié d’arnaque de vocabulaire si ce n'est d'arnaque tout court. Selon ce principe maintes fois vérifié que les mots ne font pas que traduire la pensée, mais qu’ils l’induisent, ce que les publicitaires et communicateurs en tous genres ont bien compris, il nous rappelle que le terme « contemporain » ne signifie nullement que cet art est « d’aujourd’hui », mais qu’il est un art de « marché » et qu’il est donc finançable en tant que tel. Ce que cette expression implique, à savoir que « c’est comme ça qu’on fait de l’art aujourd'hui » permet simplement d'empêcher toute opposition en excluant des milliers d'autres artistes. Il est pourtant évident, pour prendre un exemple, que n’importe quel dessin de n’importe quel illustrateur, quel que soit son talent ou sa notoriété, venant de paraître, est par définition de l’art contemporain. Or il n'aura jamais droit à ce titre, ne serait-ce que parce qu'il est beaucoup trop accessible au grand public.