Notre
petite maman, notre chère Antoinette, le peintre Anna Cazan…
Elle
était tout cela, et bien plus.
Mère
aimante et amie dévouée, conseillère avisée, inspirante.
Elle
était vive, généreuse, volontaire et profondément sensible.
Sensible
à la beauté.
Sensible
à la souffrance, à celle des humains comme à celle des animaux.
Où
est-elle, à présent, si ce n’est dans nos cœurs ?
Peut-être
est-elle partie explorer ces espaces infinis qui l’intriguaient
tant.
Ceux
qui naissaient de sa pensée et se déployaient sous ses doigts :
Des
nappes de sable roux plissées de dunes pourpres et dorées ;
des
univers marins d’un bleu profond, abritant de vagues édifices
engloutis ;
des
forêts montrant toutes les gammes de vert, du plus pâle au plus
intense,
où
les fleurs ressemblent à des gemmes et les insectes à des fleurs ;
des
déserts de pierres et de stèles ou se figent des êtres sans
visage,
des
crevasses d’où jaillissent des embryons de plantes…
La
peinture était sa vie, autant que sa famille.
Elle
peignait ses révoltes et ses questionnements.
Mais
elle peignait aussi l’espoir.
Car
si tout a une fin, toute fin annonce un début.
Non
pas l’envol d’un phénix renaissant de ses cendres,
mais
la venue inespérée d’un univers ou d’une entité nouvelle, prêt
à jaillir
d’une terre que l’on croyait perdue.
Une
fleur, un cristal, un œuf, un oiseau.
L’éveil
d’une nature maltraitée, mais toujours vivante.
Comme
ce lever du jour sur l’île endormie de Daphnis et Chloé.