Fabulines
enchantées
de Charline et Evelyne
(Maison Brins d'or)
(Maison Brins d'or)
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Fabulines enchantées |
Au catalogue des merveilles de la maison Brins d’or, le murmure des chimères devait commencer à se sentir bien seul. Avec
les fabulines enchantées, Charline et
Evelyne viennent donc de lui offrir, non pas un petit, mais un grand
livre-frère. Car si celui-ci a été conçu selon le même principe que son
prédécesseur, il a le format d’un album, contient plus de pages, donc de contes,
et bénéficie d’une vraie couverture dont chaque exemplaire est enluminé à la
main ! Enfin, autre avantage et non des moindres, douze des trente
illustrations sont en couleur. Autant dire que, loin de décevoir, cette
dernière publication nous comble de joie.
Cette fois encore, les
crayons et les pinceaux de Charline ont fait des miracles. Au milieu des
planches en noir et blanc toujours aussi mystérieusement belles, Les aquarelles
apportent une autre lumière, une alchimie de nuances douces tout en
subtilité : le bleu argenté des enfants fées, les verts et les pourpres des
feuillages, l’or du couchant et des dorures qui recouvrent la porte magique. Partout
l’on retrouve cette délicatesse, cette richesse d’invention, et cette infinie
tendresse pour les personnages qu’elle crée, tendresse qu’il nous est
impossible de ne pas partager. Il existe quantité de vies insolites tapies dans
les fourrés qui bordent notre monde physique, et la maison brins d’or semble s’être
donné pour mission magnifique de les dénicher toutes.
Chaque dessin raconte une
histoire que les mots d’Evelyne aident à révéler. Ces textes eussent pu être
superflus, tant l’art de l’illustratrice est évocateur en lui-même. Mais l’auteure
qui nous racontent ces images est douée, elle aussi, d’un vrai talent de
miniaturiste. Son écriture très poétique possède la même grâce, parfois teintée
d’humour espiègle, le même sens de l’harmonie et la même fluidité. S’il est
fait allusion bien souvent à des quêtes, à de lointains périls, à des ténèbres
enfouies, nul tribut n’est versé ici à la barbarie ou aux crimes de sang. Pas plus
que n’y fleurisse la moindre mièvrerie, ou ne s’y bousculent les poncifs. Les
héros de ces fabulines sont des monstres quasi inoffensifs, des érudits, musiciens
ou poètes, des protecteurs et des voyageurs dont les pires armes sont des livres,
des fifres et des bombardes. Car la
musique est partout présente dans
ces pages, y compris dans le rythme des mots. Cette bienveillance, intelligente et créative, est
une qualité trop rare pour n’être pas louée.
Souhaitons un avenir brillant à
la maison Brins d’or et à ces deux enchanteresses que sont Charline et Evelyne.
Car créer de la beauté, si modeste puisse-t-elle paraître, et l’offrir ainsi à notre monde malade
et déprimant n’est pas un acte anodin. C’est tenter de pourvoir à sa guérison,
une façon réconfortante et radieuse de nous réconcilier avec ce que nous sommes.
Visitez ici le site de la maison Brins d'or pour en découvrir quelques extraits et, bien sûr, pour le commander.
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